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Gestion Faite pour vous

Taux de crédit immobilier : la rentrée 2026 marque le retour de la hausse

Après un été plutôt calme, les conditions d’emprunt se durcissent. Entre la politique de la BCE et la tension sur la dette française, les emprunteurs doivent désormais composer avec des taux orientés à la hausse. Voici ce qu’il faut savoir pour aborder votre projet sereinement.

Où en sont les taux aujourd’hui ?

D’après l’Observatoire Crédit Logement CSA, le taux immobilier moyen ressort à 3,31 %, avec une moyenne de 3,14 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,35 % sur 25 ans. Un an plus tôt, il était encore à 3,08 %, et les durées de 20 et 25 ans ont pris 19 points de base sur douze mois.

Les courtiers relèvent des niveaux un peu plus élevés : selon Cafpi et Vousfinancer, les taux moyens s’établissent à 3,23 % sur 15 ans, 3,43 % sur 20 ans et entre 3,53 % et 3,61 % sur 25 ans. Cet écart s’explique par les méthodes de calcul : certains indicateurs mesurent les prêts effectivement signés, d’autres les offres récentes des banques.

Les emprunteurs aux dossiers solides s’en sortent toujours mieux : le taux le plus bas va de 2,75 % sur 10 ans à 3,20 % sur 25 ans.

Pourquoi les taux remontent

Deux facteurs principaux pèsent sur le coût du crédit.

Le premier est la Banque centrale européenne. Elle a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 11 juin 2026, puis a confirmé une nouvelle hausse de 25 points de base le 10 septembre 2026.

Le second, encore plus déterminant pour les banques françaises, est l’OAT à 10 ans, le taux auquel l’État emprunte. Son rendement a franchi 4,10 %, son plus haut niveau depuis 17 ans. Or les banques ajustent leurs barèmes en fonction de ce coût de financement, mais aussi de leur propre stratégie commerciale, plutôt qu’au rythme des décisions de Francfort.

Résultat : après un été qui amorçait déjà des hausses éparses, la rentrée marque une accélération et une généralisation du phénomène sur l’ensemble du territoire.

Quelles perspectives pour la fin d’année ?

Les prévisions vont dans le même sens. Les analystes évoquent une progression d’environ 10 points de base par mois au dernier trimestre, ce qui pourrait porter les prêts sur 25 ans entre 3,70 % et 3,80 % en décembre 2026. Certains courtiers sont plus pessimistes et évoquent un taux moyen sur 20 ans entre 3,7 % et 4 %.

Un point d’attention : le taux d’usure, plafond légal au-delà duquel une banque ne peut pas prêter. Il est de 5,29 % sur les prêts de 20 ans et plus depuis le 1er juillet 2026, et de nouveaux plafonds sont attendus au 1er octobre, ce qui pourrait redonner de la marge aux dossiers les plus tendus. Imop

Concrètement, qu’est-ce que ça change ?

Prenons un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, hors assurance. À 3,30 %, la mensualité est d’environ 1 424 €. À 3,80 %, elle passe à environ 1 489 €, soit près de 65 € de plus par mois et plus de 15 000 € d’intérêts supplémentaires sur la durée du prêt.

Nos conseils pour emprunter dans ce contexte

Ne pas attendre une baisse hypothétique. Si votre projet est prêt et que votre banque vous a fait une proposition correcte, mieux vaut l’étudier sérieusement avant que les barèmes ne remontent davantage.

Comparer plusieurs banques. Certaines banques ont baissé une partie de leurs barèmes sur les longues durées pour attirer de nouveaux clients, tandis que d’autres relèvent progressivement leurs taux ; à profil identique, l’écart peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée du prêt.

Regarder les offres ciblées. Certaines banques proposent encore des prêts bonifiés de 0 % à 1,99 % pour les primo-accédants et les logements bien classés au DPE.

Raisonner en TAEG. Le taux nominal ne dit pas tout : le TAEG, qui inclut l’assurance et les frais, reste le seul indicateur fiable pour comparer deux offres.